Palmes académiques

Le 10 juin 2010, Mme Nicole Michelangeli, Ambassadrice de France en Slovénie, a remis les Palmes académiques à la Résidence de France, à Mesdames Neva ZAJC, Rédactrice en chef du programme culture de Radio Koper Capodistria, Carmen DERŽEK, Professeur de français au Premier lycée de CELJE, Tanja LESNIČAR-PUČKO, Journaliste au quotidien Dnevnik et Mojca SCHLAMBERGER BREZAR, Professeur à la Faculté des Lettres de Ljubljana, en reconnaissance de leur contribution à la promotion de la langue et de la culture françaises.

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Mesdames Tanja Lesničar-Pučko, Carmen Deržek, Nicole Michelangeli, Neva Zajc et Mojca Schlamberger Brezar (de gauche à droite).

A cette occasion, Madame Michelangeli a prononcé le discours suivant :

Neva ZAJC

Madame Neva Zajc, nous tous qui sommes ici savons à quel point vous êtes attachée à votre région, la belle région slovène du Kars. Mais je ne crois pas mentir en disant qu’après le Kars, c’est la France qui occupe la deuxième place dans votre cœur.

Actuellement rédactrice en chef du programme culture de radio Koper Capodistria, vous avez toujours baigné dans la culture. C’est en 1981 que vous rejoignez la radio télévision slovène où vous avez évolué de journaliste à rédactrice, développant ainsi une notoriété et une reconnaissance qui vous sont acquises sur le plan national. Enseignante du français, traductrice du français, vous n’avez cessé d’œuvrer au rapprochement de nos deux cultures.

Depuis 2001, vous êtes présidente de l’association culturelle francophile Peter Martinc au sein de laquelle vous organisez de multiples activités liées à notre pays et à sa langue : vous avez récemment accueilli Muriel Barbery en visite en Slovénie à l’occasion de la traduction de son ouvrage « L’Elégance du hérisson ». Je souhaiterais rappeler également votre activité de scénariste de documentaire, comme celui que vous avez récemment consacré au portrait du grand écrivain slovène Boris Pahor, autre francophile majeur de Slovénie, documentaire remarqué, dont le titre français serait : « Boris Pahor : la mémoire opiniâtre ». A l’image de ce « fils de deux nations », vous êtes vous-même une fille de deux nations : la vôtre et la nôtre.

En effet, si vous avez raison d’être fière de l’énergie et l’enthousiasme que vous mettez dans la poursuite de votre francophilie militante, nous avons raison d’en être flattés. Car lors de ma visite à Koper, il y a quelques mois, j’ai découvert que votre passion pour notre pays n’était pas un amour inconditionnel et aveugle, mais reposait sur une connaissance lucide et pointue de nos qualités et de nos défauts.

Pour toutes ces raisons, je suis particulièrement heureuse de vous remettre aujourd’hui cette décoration.

Au nom du Ministre de l’Education nationale, je vous fais chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques.

Carmen DERŽEK

Nous honorons aujourd’hui un professeur de français talentueux, et nous rendons également hommage à son engagement indéfectible en faveur de notre langue.

Permettez-moi, Madame Carmen Deržek, de retracer brièvement votre carrière, ou plutôt une vocation, une passion même. Vous avez, à l’université de Ljubljana, mené de front des études de français et d’anglais, mais accordez-moi que vous aviez déjà une petite préférence pour le français.

Vous commencez donc à enseigner en 1977 ces deux langues étrangères à l’école secondaire pédagogique de Celje. Après Ljubljana, vous retrouvez votre ville natale et vous y formez des élèves qui, dès la fin de l’école fondamentale, ont choisi une filière pédagogique. Vous leur transmettez le goût des langues pendant six ans.

En 1983, vous entrez comme professeur au Premier lycée de Celje où vous continuez d’exercer et vous y faites vivre – et avec quel éclat – la passion du français. Vous intégrez à vos cours la musique, la chanson et le théâtre. Vous accompagnez, en dehors de vos cours, les élèves « mordus » de scène qui prennent plaisir à chanter et à jouer en français.

Ces rencontres de théâtre francophone restent attachées à la ville de Celje et au nom que vous portez. En effet, vous et votre mari M. Slavko Deržek, avez conçu, mis en oeuvre et organisé pendant plus de dix ans ces Rencontres, qui chaque année voient une vingtaine de lycées de toute la Slovénie présenter le travail théâtral en français de leurs élèves.

Cette occasion d’une francophonie vivante au sein des établissements scolaires, je sais que nous vous la devons, et nous tenons à vous en remercier. Nous saluons donc ce soir votre attachement personnel à notre langue et à son enseignement en Slovénie, et notre reconnaissance s’exprime par la décoration que je vous remets.

Au nom du Ministre de l’Education nationale, je vous fais chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques.

Tanja LESNIČAR-PUČKO

Chère Tanja, votre réputation n’est plus à faire !

C’est d’abord par le biais de la littérature que vous êtes entrée en contact avec la culture de notre pays. Vous êtes en effet diplômée en littérature comparée et en langue et littérature françaises. Vous avez traduit de nombreux auteurs français, avec une certaine prédilection pour les philosophes comme en attestent vos traductions d’Alexis de Tocqueville, Jacques Derrida, Michel Serres, Emile Cioran, Guy Debord ou Jean Baudrillard.

En 1987, vous êtes entrée au quotidien Dnevnik, d’abord comme traductrice notamment de français, puis comme journaliste à partir de 1991. Au sein de ce journal, vous avez été responsable pendant 8 ans de la rubrique de critique littéraire. Chaque mardi depuis 2002, vous publiez sous le titre « Aux aguets » un éditorial dans lequel vous traitez des questions culturelles, sociales et politiques.

Permettez-moi de m’arrêter un instant sur ces éditoriaux, grâce auxquels vous avez su instaurer une relation privilégiée avec le lecteur. Je sais qu’il vous arrive régulièrement de citer, à l’appui de vos fines analyses de l’actualité, l’exemple ou le contre-exemple français et ce, avec toujours beaucoup de pertinence. Cette façon habile de mêler le sérieux de l’information à la légèreté de la badinerie fait de ces pages un plaisir de lecture et explique que votre travail ait été couronné en 2003 par le prix de l’Association des journalistes slovènes.

D’ailleurs, le célèbre quotidien français « Libération » ne s’y était pas trompé en reprenant deux de vos éditoriaux pour illustrer le cas slovène lors de son entrée dans l’Union européenne. Ce sont toutes ces qualités que nous célébrons aujourd’hui en rendant hommage à votre curiosité intellectuelle, à vos talents littéraires, mais aussi à votre humour où certains voient, parfois, une certaine causticité, toujours de bon aloi.

C’est pour votre engagement en faveur de la littérature française, pour cet engagement d’une femme de culture et d’une journaliste passionnée, toujours prête à défendre ses convictions, que nous avons décidé de vous honorer.

Au nom du Ministre de l’Education nationale, je vous fais chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques.

Mojca SCHLAMBERGER BREZAR

Nous avons le plaisir de recevoir et d’honorer ce soir un professeur de la Filozofska Fakulteta (Faculté des lettres) de Ljubljana, dont je me dois de retracer le parcours universitaire.

Vous avez étudié dans cette même faculté, où vous exercez à présent, la langue française et la langue slovène. Vous avez achevé votre Master de slovène en 1977, et vous avez mené à bien votre doctorat de linguistique française en 2000, sous la direction du Professeur Vladimir Pogačnik, autre figure éminente des études françaises dans votre université.

Dès 1992, vous avez commencé à enseigner dans l’université, qui vous avait formée, la linguistique française et la linguistique slovène. Cette bivalence vous a presque naturellement conduite à vous passionner pour l’analyse contrastive des langues, et vous avez contribué avec vos collègues à la création du Département de traduction et d’interprétation au sein de votre faculté en 2001.

Dans ce nouveau département de la faculté, vous avez successivement été directrice de projet, de DESS, titulaire de chaire, responsable adjointe, en qualité de maître de conférences, puis de professeur. Vous avez participé activement à la mise en place d’un Master conjoint en traduction avec l’Inalco et l’Institut supérieur d’interprétation et de traduction de Paris. Ce double diplôme a vu sa création confirmée par la signature des trois établissements partenaires le 7 septembre 2009, et je vous félicite de cette belle réussite.

Votre double passion pour votre langue maternelle et pour le français vous désigne comme passeur privilégié entre les deux pays. En effet, pour assurer la continuité de l’enseignement du slovène aux Langues-O, vous n’avez pas hésité à vous rendre chaque semaine à Paris pendant toute une année universitaire de 2007 à 2008, prouvant par cet engagement votre attachement à faire vivre ces deux langues dans le pays, où l’une ou l’autre n’est pas langue maternelle.

Pour honorer votre profond engagement en faveur de nos deux langues, j’ai le plaisir de vous remettre cette décoration. Au nom du Ministre de l’Education nationale, je vous fais chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques.

Dernière modification : 01/04/2014

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