La légion d’honneur pour M. Iztok Jarc

Mme Nicole Michelangeli, Ambassadrice de France en Slovénie, a remis, le 24 septembre 2010, à la Résidence de France, les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à M. Iztok Jarc, Ambassadeur de Slovénie au Royaume-Uni, ancien Ministre de l’Agriculture, notamment pour l’action qu’il a menée en faveur de l’agriculture européenne tout au long de sa carrière, et en particulier pendant la présidence slovène puis française du Conseil de l’Union européenne.

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M. Iztok Jarc et Mme Nicole Michelangeli.

L’Ambassadrice a prononcé à cette occasion l’allocution suivante :

Monsieur l’ancien Ministre, Monsieur l’Ambassadeur,
Mesdames , Messieurs,

C’est un grand plaisir pour moi aujourd’hui et un grand honneur aussi de vous remettre ici la plus haute distinction française, la Légion d’honneur.

Vous savez que cette éminente distinction est faite aussi pour honorer à l’étranger les personnalités qui ont œuvré par leur action, les liens qu’elles ont entretenus avec notre pays, et l’amitié qu’elles portent à la France, au rapprochement entre nos deux pays.

Et vous, Monsieur l’Ambassadeur, vous appartenez bien à cette catégorie d’amis de notre pays.

A cette amitié que vous nous avez toujours témoignée, qui vous a fait aussi vous intéresser à notre culture puisque vous avez appris notre langue, vous avez rajouté, si je puis dire, une dimension européenne par le travail remarquable que vous avez conduit sur les questions européennes. Vous avez été, et vous êtes resté un Européen convaincu.

Originaire de la Région de Dolenjska, rien, semble-t-il, ne vous prédestinait à la carrière diplomatique. C’est pourtant ce choix là que vous avez effectué après l’obtention de votre diplôme de relations internationales à la Faculté des sciences politiques de Ljubljana ; et, peut-être votre appétence pour les questions européennes vous est-elle venue de l’époque où vous avez effectué des stages au sein de la Commission européenne, avant même que la Slovénie n’entame son processus d’adhésion.

Votre engagement en faveur de l’ouverture économique de votre pays s’est aussi manifesté dès après l’indépendance, lors des négociations des accords de libre-échange de l’UE avec les pays de l’ex-Yougoslavie. Vous avez ensuite participé aux négociations d’adhésion de la Slovénie à l’UE, ainsi qu’à celles de son adhésion à l’OMC.

Vous êtes ainsi devenu un artisan reconnu de l’effort de transition de la Slovénie vers une économie de marché compétitive. Mais vous êtes aussi devenu un expert reconnu des questions européennes, prenant en 2000 la direction du secteur Intégration européenne et relations économiques au ministère des affaires étrangères slovène et œuvrant au succès de la démarche d’adhésion au sein du groupe des négociateurs slovènes.

Vous avez pu alors adhérer à la Politique Agricole Commune, cette première politique commune de l’Union, et comprendre tout ce qu’elle pouvait apporter à votre pays, puis, surtout, mettre en œuvre ces idées de 2001 à 2004, en tant que Secrétaire d’Etat à l’agriculture, juste avant l’adhésion. Permettez-moi de saluer à cet égard la Slovénie, seul pays de la nouvelle Europe à avoir alors opté pour le régime des aides directes tel qu’il s’appliquait en Europe occidentale, et à avoir développé une politique ambitieuse de développement rural.

Après avoir passé trois ans en Israël comme ambassadeur de Slovénie, vous êtes revenu dans votre pays. En tant que ministre le l’agriculture, vous avez largement contribué à la préparation puis au succès de la présidence slovène de l’UE dans ce secteur.

La Politique agricole commune vous doit beaucoup, Monsieur le Ministre, Monsieur l’Ambassadeur, car c’était alors une période délicate, tant au plan interne qu’au plan communautaire. Au plan interne, vous avez complété avec grand succès la mise en place du nouveau régime résultant des réformes de 2003/2004, à la fois attendu et craint par les milieux agricoles. Au plan communautaire, vous avez pu conduire les 27 vers le compromis portant sur la « Bilan de santé de la PAC » et tracer ainsi la voie à la « Refondation de la PAC post 2013 », refondation dont la réflexion a été lancée lors du Sommet informel d’Annecy, sous Présidence française.

Alors que la Présidence espagnole a présenté ses conclusions sur « L’avenir de la PAC après 2013 », et que la Slovénie vient aussi de faire connaître ses vues dans un document très intéressant, alors que de nouveaux défis menacent les marchés des produits agricoles et l’environnement rural, alors que chacun connaît les accidents climatiques et les crises à répétition qui affectent l’agriculture mondiale, permettez-moi de saluer en vous plus qu’un « Ami de la PAC », l’un des « tout premiers artisans de la participation fructueuse de la Slovénie au débat constructif en cours sur la réforme de la PAC ». La refondation de la PAC sera essentielle à la définition des grands équilibres de demain et je voudrais souligner ici que vous en avez été l’un des avocats.

Voilà ce que je tenais à vous dire Monsieur le Ministre, cher collègue, au moment où mon pays vous attribue cette haute distinction. Je suis donc extrêmement honorée de vous la remettre ici à Ljubljana.

Dernière modification : 01/04/2014

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